30-07-2008, 06:41 PM
Nous sommes tous des menteurs, mais c'est indispensable pour vivre en société ! C'est ce qu'affirme Claudine Biland, psychologue sociale, dans son livre Psychologie du menteur. Selon elle, même le couple a besoin de ces petites omissions et contre-vérités. Et les plus hypocrites ne seraient pas ceux que l'on croit…
Est-on obligé de mentir en société ?
Mensonge mentir menteur Claudine Biland : Oui, sinon la vie deviendrait vite infernale ! Il y a plusieurs raisons de mentir dans la vie quotidienne. Il y a le mensonge que je qualifierais de subjectif. Par exemple, on ne va pas dire à quelqu'un ce qu'on pense de lui, de sa tenue… Mais il ne s'agit pas d'un mensonge, car qui nous dit que notre avis est le reflet de la vérité ? Donc on tourne sept fois la langue dans sa bouche avant de parler… Mais il y a également le mensonge plus objectif. Par exemple lorsqu'une personne va particulièrement mal et que tout le monde l'a remarqué, on se tait, on ne dit rien pour ne pas aggraver la situation… Mais dans les deux cas, il s'agit de mensonges altruistes ! On ne veut pas blesser l'autre, et même on cherche à lui faire plaisir.
Mais on peut aussi mentir pour soi ?
Claudine Biland : Bien sûr ! On peut distinguer trois types de mensonges "égoïstes". Le premier : chercher à donner une bonne image de soi. On va un peu exagérer ses qualités et masquer ses défauts. Le deuxième consiste à tenter d'obtenir un avantage, un emploi, vendre à quelqu'un un objet dont il n'a pas vraiment besoin etc. Enfin, le troisième type de mensonge est celui que l'on profère pour éviter une punition, un conflit ou une rupture. Et ces mensonges sont aussi répandus que les mensonges altruistes. Qui n'a jamais tenté de donner de lui une image des plus flatteuse ? Avoir l'air sympathique et attirant permet d'obtenir plus (amis, promotion, flatteries…) que le contraire !
Est-ce que les mensonges sont si répandus ?
Claudine Biland : Une importante étude a été menée aux Etats-Unis. Il s'agissait d'un questionnaire d'auto évaluation : les gens devaient noter dans un petit journal durant une semaine tous leurs mensonges (en indiquant s'ils avaient été démasqués ou pas). Et en moyenne, les gens déclaraient mentir deux fois par jour. Mais il faut savoir que dans tous les questionnaires et plus particulièrement celui-là, les gens ont tendance à mentir ! Là encore pour donner de soi une image plus flatteuse, en psychologie sociale nous appelons cela "la désirabilité sociale". On peut donc sans risque affirmer qu'avec deux mensonges par jour, on est en deçà de la réalité…
Le mensonge si répandu en société, existe-t-il dans le couple ?
Claudine Biland : Le début d'une relation amoureuse est rempli de mensonges… Car on a, là encore, envie de donner une bonne image de soi, ce qui est parfaitement compréhensible ! Les chiffres parlent d'un mensonge toutes les trois interactions chez les nouveaux amoureux ! Mais ensuite, le couple est le lieu où l'on ment le moins. Rassurant non ? Cependant, je crois qu'un couple sans aucun mensonge ne durerait pas ! Le plus grave, c'est le mensonge qui va cacher des faits importants, qui peut entraîner l'autre dans une histoire qu'il n'aurait pas souhaitée, en connaissance de cause. Mais là encore, tout est relatif : la personne qui ment le fait parfois parce qu'elle a peur de perdre l'autre et qu'elle tient à la relation.
Quand est-ce que l'on commence à mentir ?
Claudine Biland : Très tôt, les enfants font des "petites comédies", des "petits théâtres personnels" qui peuvent s'apparenter à des mensonges. Dès trois ans, un enfant peut commencer à dire des mensonges. Il le fait au début pour s'amuser, tester la capacité de ses parents à le démasquer, et éprouver son pouvoir sur le monde qui l'entoure. Plus le temps passe, et plus l'enfant sait mentir. Entre 7 et 9 ans, il est capable de "fabriquer" de fausses expressions faciales, de fausses émotions crédibles pour accompagner son mensonge.
Tout le monde ment ! (Claudine Biland) - suite de l'interview
Est-on obligé de mentir en société ?
Mensonge mentir menteur Claudine Biland : Oui, sinon la vie deviendrait vite infernale ! Il y a plusieurs raisons de mentir dans la vie quotidienne. Il y a le mensonge que je qualifierais de subjectif. Par exemple, on ne va pas dire à quelqu'un ce qu'on pense de lui, de sa tenue… Mais il ne s'agit pas d'un mensonge, car qui nous dit que notre avis est le reflet de la vérité ? Donc on tourne sept fois la langue dans sa bouche avant de parler… Mais il y a également le mensonge plus objectif. Par exemple lorsqu'une personne va particulièrement mal et que tout le monde l'a remarqué, on se tait, on ne dit rien pour ne pas aggraver la situation… Mais dans les deux cas, il s'agit de mensonges altruistes ! On ne veut pas blesser l'autre, et même on cherche à lui faire plaisir.
Mais on peut aussi mentir pour soi ?
Claudine Biland : Bien sûr ! On peut distinguer trois types de mensonges "égoïstes". Le premier : chercher à donner une bonne image de soi. On va un peu exagérer ses qualités et masquer ses défauts. Le deuxième consiste à tenter d'obtenir un avantage, un emploi, vendre à quelqu'un un objet dont il n'a pas vraiment besoin etc. Enfin, le troisième type de mensonge est celui que l'on profère pour éviter une punition, un conflit ou une rupture. Et ces mensonges sont aussi répandus que les mensonges altruistes. Qui n'a jamais tenté de donner de lui une image des plus flatteuse ? Avoir l'air sympathique et attirant permet d'obtenir plus (amis, promotion, flatteries…) que le contraire !
Est-ce que les mensonges sont si répandus ?
Claudine Biland : Une importante étude a été menée aux Etats-Unis. Il s'agissait d'un questionnaire d'auto évaluation : les gens devaient noter dans un petit journal durant une semaine tous leurs mensonges (en indiquant s'ils avaient été démasqués ou pas). Et en moyenne, les gens déclaraient mentir deux fois par jour. Mais il faut savoir que dans tous les questionnaires et plus particulièrement celui-là, les gens ont tendance à mentir ! Là encore pour donner de soi une image plus flatteuse, en psychologie sociale nous appelons cela "la désirabilité sociale". On peut donc sans risque affirmer qu'avec deux mensonges par jour, on est en deçà de la réalité…
Le mensonge si répandu en société, existe-t-il dans le couple ?
Claudine Biland : Le début d'une relation amoureuse est rempli de mensonges… Car on a, là encore, envie de donner une bonne image de soi, ce qui est parfaitement compréhensible ! Les chiffres parlent d'un mensonge toutes les trois interactions chez les nouveaux amoureux ! Mais ensuite, le couple est le lieu où l'on ment le moins. Rassurant non ? Cependant, je crois qu'un couple sans aucun mensonge ne durerait pas ! Le plus grave, c'est le mensonge qui va cacher des faits importants, qui peut entraîner l'autre dans une histoire qu'il n'aurait pas souhaitée, en connaissance de cause. Mais là encore, tout est relatif : la personne qui ment le fait parfois parce qu'elle a peur de perdre l'autre et qu'elle tient à la relation.
Quand est-ce que l'on commence à mentir ?
Claudine Biland : Très tôt, les enfants font des "petites comédies", des "petits théâtres personnels" qui peuvent s'apparenter à des mensonges. Dès trois ans, un enfant peut commencer à dire des mensonges. Il le fait au début pour s'amuser, tester la capacité de ses parents à le démasquer, et éprouver son pouvoir sur le monde qui l'entoure. Plus le temps passe, et plus l'enfant sait mentir. Entre 7 et 9 ans, il est capable de "fabriquer" de fausses expressions faciales, de fausses émotions crédibles pour accompagner son mensonge.
Tout le monde ment ! (Claudine Biland) - suite de l'interview