Forum algérien des étudiants en médecine

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alors 08-07-2008
Bonne nouvelle : on meurt de moins en moins de cardiopathie ischémique !

La mortalité par cardiopathies ischémiques (CPI) est en constante régression dans les pays industrialisés depuis 30 ans, régression qui s’est même accélérée depuis la deuxième moitié des années 1980 et d’une façon plus accentuée chez les hommes que chez les femmes. Cela est lié à la fois au recul des facteurs de risque cardiovasculaire, à la diminution de l’incidence des CPI et à l’amélioration de la survie du fait d’une meilleure prise en charge. Pourtant dans le même temps, l’incidence du diabète a augmenté, avec une mortalité par CPI dans cette population 2 à 4 fois plus élevée par rapport à la population générale, même si certaines études évoquent une baisse de la mortalité par CPI chez les diabétiques également.

Afin de préciser l’évolution de la mortalité par CPI chez l’adulte avec et sans diabète, AD Dale et coll. ont réalisé une étude sur une cohorte constituée à partir des sujets enrôlés dans 2 enquêtes menées sur la population norvégienne entre 1984 et 1986 (Hunt 1) puis entre 1995 et 1997 (Hunt 2) au cours desquelles ils avaient rempli des questionnaires de santé et été soumis à un examen clinique. Au total, 74 914 hommes et femmes ayant participé à la première enquête et 64 829 participant à la seconde enquête ont été sélectionnés.

Au total 2 623 hommes et 1 583 femmes sont morts à la suite d’une CPI au cours du suivi mené jusqu’au 31 décembre 1993 pour Hunt 1 et jusqu’au 31 décembre 2004 pour Hunt 2. La mortalité globale a été sensiblement plus faible pour les participants à la seconde enquête. Ainsi parmi les sujets de 70 à 79 ans s’étant déclaré non diabétiques lors des enquêtes, la mortalité par 1000 personnes-années est passée de 16,38 à 8,79 chez les hommes (réduction = 48 % ; IC 95 % : 39 % à 55 %) et de 6,84 à 2,68 chez les femmes (réduction = 62 % ; IC 95 % : 52 % à 70 %) dans les populations de Hunt 1 et de Hunt 2 respectivement. Pour les diabétiques de même groupe d’âge, la mortalité par 1000 personnes-années a baissé de 38,97 à 17,89 chez les hommes (réduction = 54 % ; IC 95 : 32 % à 69 %) et de 28,15 à 11,83 chez les femmes (réduction = 59 % ; IC95 % : 37 % à 73 %). La réduction de la mortalité a été plus importante chez les sujets de moins de 70 ans au moment où ils participaient aux enquêtes de santé et moins prononcée parmi ceux de 80 ans et plus lors de l’inclusion dans les enquêtes. La mortalité par CPI a été 2 fois plus importante parmi les diabétiques par rapport aux non diabétiques, avec une association légèrement plus forte chez les femmes. Autrement dit la différence de mortalité liée au diabète est restée inchangée.

Cette étude montre que la forte réduction de la mortalité par cardiopathies ischémiques observée en presque 25 ans bénéficie également aux diabétiques mais que la surmortalité liée au diabète (2 fois plus élevée par rapport à la population normale) persiste.




Dr Georges Dubois
09-07-2008
Du calcul de l’IMC au calcul urinaire

La lithiase urinaire (LU) atteint 10 % des individus dans les pays industrialisés et la moitié des malades non traités récidivent dans les 5 ans. L’obésité, si répandue dans les mêmes pays, est souvent accompagnée de modifications métaboliques intéressant les taux sanguins de calcium, citrates, oxalates, urates, etc. Mais le rôle réel de l’obésité dans la survenue des calculs reste obscur.

Des auteurs coréens ont constitué une cohorte de patients souffrant de lithiase urinaire (à l’exclusion des enfants, des insuffisants rénaux, des calculs coralliformes, des obstructions urinaires et des maladies métaboliques) pour lesquels ils ont regroupé les données concernant l’histoire clinique, les résultats biologiques -dont la calcémie- et radiographiques, l’IMC, le traitement suivi.

Au total, 467 sujets atteints de première LU et 237 de récidives, soit 704 malades ont été inclus. Il leur a été demandé de ne pas modifier leur régime alimentaire. Les 229 malades (173 hommes) dont l’IMC dépassait 25 kg/m² ont été classés comme obèses (GO), les 475 autres (297 hommes) comme non obèses (GNO), les obèses étant en moyenne plus âgés de 2 ans (44 vs 42). Cent soixante-trois patients ont été suivis plus de 3 ans. La récidive calculeuse (RC) a été définie comme la visualisation sur les clichés, le passage, la destruction ou l’extraction de calculs non présents lors d’un examen précédent.

Une récidive est survenue dans 44 % des cas en cas d’obésité vs 24 % pour les non obèses. Encore ne s’agissait–il que d’une première récidive. Ces patients obèses, avaient des taux sériques d’urée, de créatinine et d’acide urique plus élevés, notamment en cas de récidive. De même ils avaient plus souvent (33 vs 17 %) une hyperuricosurie, en particulier en cas de RC, mais aussi une hypercitraturie (47 vs 33 %), une hypercalciurie (31 vs 22 %), une relative polyurie et des urines plus acides.

En ce qui concerne les calculs qui ont pu être analysés (n=150), la principale différence réside dans le plus fort taux de calculs d’urates dans le GO.
Enfin, le nombre de coliques néphrétiques a été plus élevé chez les obèses, au point que, après une première crise, l’obésité est apparue comme étant le facteur prédictif de récidive le plus important, alors que c’est classiquement l’hypercalciurie.

Le contrôle pondéral est donc une des mesures préventives les plus actives contre les récidives calculeuses.




[size=x-large]Dr Jean-Fred Warlin[size=x-large]
10-07-2008

ECG d’effort chez les futurs licenciés de sport de compétition : c’est une bonne démarche !
L’examen médical avant la pratique d’un sport de compétition est dans de nombreux pays une pratique systématique, afin notamment de détecter des anomalies cardiovasculaires et de prévenir ainsi le risque de mort subite ou de progression d’une éventuelle pathologie. En Italie, cette pratique est établie depuis plus de 25 ans. Mais, durant ces dernières décennies, les cliniciens et les experts du domaine ont débattu de l’efficacité d’une telle évaluation cardiaque à détecter des sujets à haut risque. Corrado et coll. ont cependant récemment fait état d’une baisse significative de l’incidence de la mort subite chez les athlètes italiens ayant subi ce type de dépistage. La Société Européenne de Cardiologie (European Society of Cardiology) et le Comité Olympique International, prenant note de cette expérience italienne, ont souligné la nécessité de l’examen cardiologique chez les jeunes sportifs avant de la participation à des compétitions, même si l’American Heart Association n’a pas signalé cette mesure dans ses dernières recommandations.

Afin d’évaluer l’utilité clinique d’un examen cardiovasculaire complet chez les futurs licenciés de sports de compétition, une équipe italienne a analysé l’expérience de l’Institut de Médecine de Sport de Florence sur une importante cohorte de sportifs. Ces données comprenaient les résultats des électrocardiogrammes (ECG) de repos et d’effort sur une période de 5 années.

Au total, les données ECG (en 12 dérivations) de repos et d’effort de 30 065 personnes (dont 23 570 hommes) candidats à une licence pour un sport de compétition ont été analysées. Des anomalies de l’ECG de repos ont été détectées chez 1 812 sujets (6 %), avec comme principales anomalies (> 80 %) des modifications bénignes du tracé électrique. Les ECG d’effort ont montré des anomalies chez 1 459 participants (4,9%), dont 1 227 avec des ECG de repos normaux. Dans cette cohorte de sportifs, 196 (0,6 %) ont été considérés inaptes pour la pratique d’un sport de compétition. Parmi 159 participants déclarés inaptes pour des raisons cardiaques, une forte proportion (n = 126 ; 79,2 %) avait des ECG de repos négatifs ou quasi-normaux mais des anomalies spécifiques sur les ECG d’effort. Après ajustement sur différents facteurs de confusion, une analyse par régression logistique a montré que l’âge supérieur à 30 ans était significativement associé à une augmentation du risque d’inaptitude pour des raisons cardiaques lors des tests d’effort.

Cette étude montre que l’ECG d’effort permet de détecter des anomalies cardiaques chez les futurs licenciés de sports de compétitions. Des études de suivi doivent permettre de vérifier si l’exclusion de ces personnes réduirait l’incidence d’événements cardiovasculaires parmi les sportifs.


Dr Georges Dubois

Merci pour la nouvelle thebest

de rien
thnx a lot, c rassurant !!
11-07-2008
Grossesse au portable, enfant insupportable ?


Il y aurait de par le monde plus de 2 milliards d’abonnés à un téléphone cellulaire, parmi lesquels plus de 900 millions ont souscrit un abonnement entre 2003 et 2008. Cette considérable progression est source de préoccupation et de débat. Les principaux effets secondaires explorés jusque-là concernent principalement les cancers, tumeurs cérébrales et acoustiques par exemple, mais d’autres conséquences potentielles restent à préciser, parmi lesquels l’impact sur le développement cognitif de l’enfant. Si la précaution et les recommandations d’abstention d’utilisation des téléphones portables prévalent chez l’enfant, peu de travaux ont porté sur l’impact des téléphones cellulaires au cours du développement fœtal et en période post-natale. Des auteurs danois viennent de combler cette lacune et publient les résultats d’une étude ayant évalué la relation entre exposition de l’enfant aux téléphones cellulaires au cours de la grossesse et en période post-natale, et risque de troubles du comportement dans l’enfance.

L’étude s’est inscrite au sein de la Danish National Birth Cohort, vaste cohorte de naissance ayant enrôlé, de mars 1996 à novembre 2002, en début de grossesse, 101 032 femmes enceintes dont le mode de vie, les habitudes alimentaires, les expositions environnementales ont été précisées par interviews (au cours de la grossesse et lorsque l’enfant était âgé de 6 mois, puis 18 mois).
Dans cette vaste cohorte, aux 7 ans de l’enfant, des questionnaires adressés aux mères ont détaillé, outre les données socio-démographiques, les habitudes alimentaires et le mode de vie de la famille, les antécédents médicaux de l’enfant, et ses difficultés de comportement évaluées par questionnaire (Strength and Difficulties Questionnaire) : symptômes émotionnels, hyperactivité, troubles de conduites, problèmes relationnels avec les autres enfants.
Les questionnaires ont précisé les modalités d’utilisation du téléphone cellulaire par les mères au cours de la grossesse : fréquence quotidienne, temps passé téléphone allumé, utilisation d’un kit main libre et durée de cette utilisation, place du téléphone hors appels (dans la poche, dans le sac à mains…), ainsi que l’utilisation du téléphone cellulaire et d’autres téléphones sans fil par l’enfant.

Les mères de 13 519 enfants âgés de 7 ans, nés entre 1997 et 1999, ont répondu.
Près de 85 % d’entre elles avaient, pendant la grossesse, placé leur portable dans leur sac, et 82 % n’avaient pas utilisé d’oreillettes. Les mères de 56 % des enfants possiblement exposés au cours de la grossesse déclaraient avoir utilisé leur téléphone cellulaire de 0 à 1 fois par jour, et 43 % l’avoir laissé branché en permanence.

À 7 ans, 30 % des enfants utilisaient un téléphone cellulaire, 1 % d’entre eux plus de 1 heure par jour ! Environ 11 % des enfants avaient été exposés en périodes pré- et post-natale à ces téléphones, près de la moitié jamais.

Les enfants exposés aux téléphones cellulaires en périodes prénatale ou post-natale, ou au cours de ces 2 périodes, avaient tendance à avoir plus souvent des scores limites ou anormaux pour les troubles de conduites, les symptômes émotionnels, les signes d’hyperactivité et les altérations des relations avec les autres enfants.
Après ajustements sur le sexe de l’enfant, l’âge de la mère, le tabagisme maternel au cours de la grossesse, les problèmes psychiatriques de la mère, le niveau socio-professionnel, et la période d’exposition, l’OR pour un score global de problèmes comportementaux était de 1,80 (IC à 95 % 1,45-2,23) chez les enfants exposés aux téléphones cellulaires en périodes pré- et post-natales. Les OR étaient plus élevés pour l’exposition au cours de la grossesse que pour celle de la période post-natale.
Pour l’exposition prénatale, l’OR pour l’ensemble des problèmes comportementaux, tendait à augmenter avec l’élévation de l’exposition fœtale, mais sans relation dose-réponse véritable.
Cette étude associe donc, troubles du comportement de l’enfant, à l’âge de 7 ans, et utilisation du téléphone cellulaire au cours de la grossesse, mais cette association n’est bien sûr pas nécessairement causale. Une extrême prudence dans l’interprétation s’impose à l’évidence. En effet :
- il s’agit d’une estimation et non d’une évaluation dosimétrique de l’exposition aux téléphones portables ;
- de multiples biais sont possibles comme par exemple un manque d’attention porté à l’enfant chez les utilisatrices fréquentes du téléphone portable ;
- aucun ajustement mathématique, même le plus soigneux possible, ne peut permettre d’éliminer formellement l’impact de tel ou tel facteur pouvant influer sur le comportement d’un enfant ;
- un effet confondant résiduel, dû à la non-prise en compte d’autres expositions à d’éventuels toxiques (au plomb par exemple), ou des antécédents psychiatriques paternels, est à prendre en considération ;
- etc…




Dr Claudine Goldgewicht
11-07-2008
Grossesse au portable, enfant insupportable ?


Il y aurait de par le monde plus de 2 milliards d’abonnés à un téléphone cellulaire, parmi lesquels plus de 900 millions ont souscrit un abonnement entre 2003 et 2008. Cette considérable progression est source de préoccupation et de débat. Les principaux effets secondaires explorés jusque-là concernent principalement les cancers, tumeurs cérébrales et acoustiques par exemple, mais d’autres conséquences potentielles restent à préciser, parmi lesquels l’impact sur le développement cognitif de l’enfant. Si la précaution et les recommandations d’abstention d’utilisation des téléphones portables prévalent chez l’enfant, peu de travaux ont porté sur l’impact des téléphones cellulaires au cours du développement fœtal et en période post-natale. Des auteurs danois viennent de combler cette lacune et publient les résultats d’une étude ayant évalué la relation entre exposition de l’enfant aux téléphones cellulaires au cours de la grossesse et en période post-natale, et risque de troubles du comportement dans l’enfance.

L’étude s’est inscrite au sein de la Danish National Birth Cohort, vaste cohorte de naissance ayant enrôlé, de mars 1996 à novembre 2002, en début de grossesse, 101 032 femmes enceintes dont le mode de vie, les habitudes alimentaires, les expositions environnementales ont été précisées par interviews (au cours de la grossesse et lorsque l’enfant était âgé de 6 mois, puis 18 mois).
Dans cette vaste cohorte, aux 7 ans de l’enfant, des questionnaires adressés aux mères ont détaillé, outre les données socio-démographiques, les habitudes alimentaires et le mode de vie de la famille, les antécédents médicaux de l’enfant, et ses difficultés de comportement évaluées par questionnaire (Strength and Difficulties Questionnaire) : symptômes émotionnels, hyperactivité, troubles de conduites, problèmes relationnels avec les autres enfants.
Les questionnaires ont précisé les modalités d’utilisation du téléphone cellulaire par les mères au cours de la grossesse : fréquence quotidienne, temps passé téléphone allumé, utilisation d’un kit main libre et durée de cette utilisation, place du téléphone hors appels (dans la poche, dans le sac à mains…), ainsi que l’utilisation du téléphone cellulaire et d’autres téléphones sans fil par l’enfant.

Les mères de 13 519 enfants âgés de 7 ans, nés entre 1997 et 1999, ont répondu.
Près de 85 % d’entre elles avaient, pendant la grossesse, placé leur portable dans leur sac, et 82 % n’avaient pas utilisé d’oreillettes. Les mères de 56 % des enfants possiblement exposés au cours de la grossesse déclaraient avoir utilisé leur téléphone cellulaire de 0 à 1 fois par jour, et 43 % l’avoir laissé branché en permanence.

À 7 ans, 30 % des enfants utilisaient un téléphone cellulaire, 1 % d’entre eux plus de 1 heure par jour ! Environ 11 % des enfants avaient été exposés en périodes pré- et post-natale à ces téléphones, près de la moitié jamais.

Les enfants exposés aux téléphones cellulaires en périodes prénatale ou post-natale, ou au cours de ces 2 périodes, avaient tendance à avoir plus souvent des scores limites ou anormaux pour les troubles de conduites, les symptômes émotionnels, les signes d’hyperactivité et les altérations des relations avec les autres enfants.
Après ajustements sur le sexe de l’enfant, l’âge de la mère, le tabagisme maternel au cours de la grossesse, les problèmes psychiatriques de la mère, le niveau socio-professionnel, et la période d’exposition, l’OR pour un score global de problèmes comportementaux était de 1,80 (IC à 95 % 1,45-2,23) chez les enfants exposés aux téléphones cellulaires en périodes pré- et post-natales. Les OR étaient plus élevés pour l’exposition au cours de la grossesse que pour celle de la période post-natale.
Pour l’exposition prénatale, l’OR pour l’ensemble des problèmes comportementaux, tendait à augmenter avec l’élévation de l’exposition fœtale, mais sans relation dose-réponse véritable.
Cette étude associe donc, troubles du comportement de l’enfant, à l’âge de 7 ans, et utilisation du téléphone cellulaire au cours de la grossesse, mais cette association n’est bien sûr pas nécessairement causale. Une extrême prudence dans l’interprétation s’impose à l’évidence. En effet :
- il s’agit d’une estimation et non d’une évaluation dosimétrique de l’exposition aux téléphones portables ;
- de multiples biais sont possibles comme par exemple un manque d’attention porté à l’enfant chez les utilisatrices fréquentes du téléphone portable ;
- aucun ajustement mathématique, même le plus soigneux possible, ne peut permettre d’éliminer formellement l’impact de tel ou tel facteur pouvant influer sur le comportement d’un enfant ;
- un effet confondant résiduel, dû à la non-prise en compte d’autres expositions à d’éventuels toxiques (au plomb par exemple), ou des antécédents psychiatriques paternels, est à prendre en considération ;
- etc…




Dr Claudine Goldgewicht
15-07-2008
Où les moisissures se penchent sur les berceaux des nouveau-nés parisiens !


Les moisissures, présentes à la fois dans l’environnement extérieur et intérieur, se développent dans tous les matériaux de construction pour peu que l’humidité soit suffisante. Et, selon les estimations effectuées ces 20 dernières années en Europe, au Canada et aux États-Unis, l’humidité serait patente dans 4 à 40 % des foyers. Près de 80 % du temps est passé en milieu intérieur, et l’exposition excessive aux moisissures est source d’effets sanitaires indésirables (infectieux, irritatifs, allergiques et toxiques) ; les travaux récents mettant notamment l’accent sur les risques de sifflement respiratoires, de toux et d’asthme, chez l’adulte et chez l’enfant. C’est dans ce contexte que des équipes françaises ont évalué l’exposition aux moisissures au domicile de nouveau-nés parisiens et les déterminants de cette exposition (la prime enfance étant une période particulièrement vulnérable quant aux effets sur la santé respiratoire).

Cette évaluation a été menée au sein d’une étude prospective, mise en œuvre en 2003, portant sur une cohorte de 4 177 nouveau-nés enrôlés dans 5 maternités parisiennes, tous nés à terme et indemnes de problème de santé à la naissance.

Des prélèvements ont été effectués, dans la chambre à coucher du bébé et hors de l’immeuble, une première fois au domicile de 190 des 4 177 nouveau-nés, de 1 à 3 mois après la naissance et, une seconde fois, dans 157 des 190 appartements, dans la première année de vie de l’enfant.

Les deux sessions de prélèvements ont eu lieu à des saisons différentes, en saison chaude, d’avril à septembre, et en saison froide, d’octobre à mars. Elles ont été accompagnées d’entretiens en tête-à-tête afin de détailler les caractéristiques de l’immeuble, du logement, les conditions de vie de la famille, le nombre de personnes au foyer, les animaux de compagnie, les installations de chauffage et de cuisine, l’isolation, le mobilier, les tapis et moquettes. Les signes d’humidité, les traces et odeurs de moisissures, ainsi que les modalités d’aération, de ventilation, et les habitudes de ménage, ont été également notifiées.

Des champignons aéroportés dans presque tous les prélèvements intérieurs

Une présence fongique a été détectée dans 99 % des prélèvements en milieu intérieur. Cladosporium et Penicillium ont été isolés respectivement dans 77 % et 93 % des foyers en saison froide, et dans 95 % et 83 % des foyers en saison chaude. Aspergillus a été retrouvé dans l’air intérieur de 60 % des foyers ; Alternaria, Geotrichum, Ulocladium et Chaetomium dans moins de 20 % des foyers.

Les moyennes des concentrations fongiques totales dans l’air intérieur étaient de 232,4 ± 3,2 cfu*/m3 à la première visite au domicile et de 186,7 ± 2,7 20 cfu*/ m3 à la seconde (limite de détection : 20 cfu*/ m3). Dans l’air extérieur à l’immeuble, elles étaient respectivement de 517,8 ± 3,4 cfu*/m3 et 382,3 ± 2,9 cfu*/ m3.

Des déterminants des concentrations fongiques intérieures identifiés

Les concentrations fongiques de l’air extérieur se sont avérées les meilleurs éléments prédictifs de la variabilité des concentrations fongiques totales intérieures et des concentrations de Cladosporium dans l’air intérieur.
L’analyse montre aussi le rôle des saisons : les concentrations fongiques aéroportées totales et celles de Cladosporium étaient significativement plus élevées en saison chaude.
Elle associe, significativement, à la présence de signes d’humidité, des niveaux fongiques totaux et des niveaux d’Aspergillus plus élevés dans l’air.
Elle met en évidence une association positive, significative, entre la durée d’aération de la chambre à coucher du nouveau-né et les concentrations fongiques aéroportées totales et celles de Cladosporium.

Cette étude, qui s’inscrit dans un vaste travail prospectif examinant la relation entre expositions résidentielles et développement de l’asthme chez les nourrissons parisiens, est la première, selon les auteurs, à fournir le spectre et les concentrations fongiques intérieures et extérieures de l’air, à Paris. Elle confirme, en s’appuyant de façon représentative sur 2 mesures (et non une seule), le rôle contributif significatif des concentrations fongiques extérieures et de la saisonnalité à la variabilité des concentrations fongiques totales dans l’air intérieur. Elle attire l’attention sur l’importance des caractéristiques du domicile et des habitudes de vie, en particulier sur la durée et la fréquence d’aération des habitations, sur la ventilation, et sur l’humidité manifeste.

* cfu : colony forming units.




Dr Claudine Goldgewicht
[size=x-large]Adolescence : du joint à la psychose


[size=medium]Associée à tort, dans le sillage des hippies puis des rastas, à une philosophie festive, pacifique ou mystique (cf. l’image de certains chanteurs de reggae comme Bob Marley), la consommation de cannabis a explosé ces quarante dernières années, attirant une nouvelle « clientèle » d’adolescents. Un rapport de l’Académie nationale de pharmacie (11-2007) évoque « la pandémie cannabique ». Et, une étude finlandaise (avec participation d’un praticien britannique) confirme le danger de cette popularité croissante du « joint » chez les jeunes. Portant sur 6 330 adolescents âgés de 15 à 16 ans, elle constitue la plus vaste enquête réalisée, à ce jour, sur ce thème dans la population générale.

Pour souligner la nocivité spécifique du cannabis en psychiatrie, les auteurs ont pris la précaution d’écarter l’influence propre d’autres facteurs susceptibles d’interférer aussi avec des prodromes psychotiques (autres drogues, antécédents psychiatriques, problématiques familiales). Et leurs conclusions sont sans appel contre « l’herbe » ou/et la résine de cannabis : « les jeunes en ayant déjà consommé (5,6 % de la population étudiée) présentent plus souvent des signes précurseurs de psychose ». Avec la constatation d’un parallèle entre l’importance de la consommation de cannabis et l’intensité de ces troubles (« dose-response effect ») confirmant la similitude alarmante de ce produit avec une substance toxique.

Certes, des « prodromes psychotiques » ne sont pas forcément synonymes d’entrée dans la schizophrénie : « Il est évident que la symptomatologie psychotique se trouve plus répandue dans la population que les seuls cas de psychoses diagnostiquées ». Mais on est frappé par cette tendance du cannabis à « booster » l’apparition des traits psychotiques dans une population déjà vulnérable psychologiquement, les adolescents.

Corollaire inquiétant de cette étude : « À cet âge sensible (vers 15 ans), l’usage du cannabis constitue un facteur de risque plus puissant pour une psychose de type schizophrénique qu’une exposition ultérieure à ce même produit ».
Autrement dit, le message concret à transmettre aux jeunes est : « plus tôt vous y toucherez, et plus vous en souffrirez ».
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